I feel (bi)good

Un squat, une clinique désaffectée, un petit port breton plein de charme, un vivier… Oeil affuté et réflex, il n’en faut pas plus pour continuer le voyage à deux pas de la maison.

Couleurs locales

L’été en Bretagne c’est un soupçon de soleil, une pincée d’embrun, un peu de brise, beaucoup de saucisses Henaff au barbecue, un nombre incalculable de crêpes beurrées et surtout énormément de festivals de musique aussi variés, colorés que l’étale d’un épicier.

Madère est également un grand festival à ciel ouvert, après les Vieilles Charrues et Art Rock, voici le temps venu du Marché des Laboureurs de Funchal et des murs Funch’art.

L’atmosphère y est toute aussi festive, les vendeurs ne manquant pas de gouaille et les artistes d’imagination.

Le pass 3 jours est recommandé pour profiter pleinement de ce festival de saveur, d’odeur et de couleur. Ouvrez grand les yeux et les narines, on vous transporte au soleil !

Veni, Vidi, Vici … Verdi

Pour partir à la découverte des paysages inoubliables de Madère, entendre le silence, le calme absolu, 2 bonnes heures de bus au départ de Funchal sont nécessaires.

2 heures de bus, c’est le minimum pour profiter du voyage, des paysages, s’émerveiller devant les habitations s’accrochant aux falaises, observer d’en haut la vie paisible du dehors. C’est aussi 2 heures de pure immersion dans la vie des Madériens. Jeunes et moins jeunes empruntent ces bus, parfois hors d’âge, pour se rendre de village en village par des routes aussi sinueuses qu’étroites, tout en devisant fortement, rigolant dans une langue encore incomprise mais j’y travaille. 2 heures qui passent vite…

Mais les chaussures de rando sont dans les starting-blocks et il nous tarde de découvrir ces fameuses levadas portugaises. Mais comme nous ne sommes pas que des bombes et que nous avons aussi un cerveau, voici un peu de culture pour la route : Les levadas sont des canaux d’irrigation créés dès le XVIème siècle, par la nécessité d’acheminer l’eau du versant nord-ouest de l’île, vers le versant sud-est. Leur construction fut une entreprise difficile, à laquelle furent affectés entre autres des esclaves et des forçats. Madère ne compte pas moins de 2500 km de levadas (plus que de routes), et nous n’en avons fait « que » 50 km… petites joueuses…

Deux levadas auront été au programme de cette expédition madérienne. La première mise en jambe se fera le long de la levada Nova. Cette dernière relativement récente longe une forêt d’eucalyptus, point de pandas mais de beaux points de vue sur la mer. L’histoire ne vous dira pas que nous nous sommes perdues, plus une goutte d’eau par 40°C et que pour survivre (oui tant qu’à faire) des vendangeurs nous ont « jeté » du raisin… salvateur.

Pour le suivant, nous choisissons le célèbre Levada do Caldeirão Verde. Moins de tranquillité (célèbre on a dit), 4 tunnels à franchir équipées de lampes, mais ce chaudron vert sera une récompense qui vaut bien quelques concessions. Une bulle de verdure avant de rejoindre Funchal et ses 100 000 habitants.

Allez en route, il ne faut pas rater le seul bus du retour.

In Vino Veritas

Madère, ce n’est pas seulement Funchal et ses bâtisses à perte de vue sur la falaise. Madère est également un jardin gigantesque de fleurs, bananeraies, vignes, et cannes à sucre. Cette dernière leur permet de produire un excellent rhum, base indispensable du Punchas local. Je vous arrête tout de suite, oui, nous y avons gouté par pur sens du service rendu comme toujours !

Je reprends, Madère c’est aussi des traditions qui, comme pour nous et notre défilé des brodeuses, sont mises en avant lors de festivités folkloriques. L’occasion pour nous de découvrir costumes locaux, danses et musiques traditionnelles mais aussi de sortir de la ville. Pour cela rien de mieux que le bus public qui arpente péniblement les routes sinueuses et parfois vertigineuses de l’ile.

Les maisons semblent soudain comme sorties de la roches, suspendues sur des jardins, sans voies d’accès et défiant l’océan.

Entre quelques morues qui sèchent, nous voilà en route pour Estreito et sa fête donnée à l’occasion des vendanges ! Fête qui pour nous se poursuivra jusqu’au milieu de la nuit…

L’ile ne se donne vraiment qu’aux marcheurs, demain nous prendrons la route des Levadas. Après toutes ces festivités, se mettre au vert nous fera du bien…

Attachez vos ceintures

Attention, Mesdames et Messieurs dans un instant ça va commencer. Installez-vous dans votre fauteuil bien tranquillement 5, 4, 3, 2, 1, 0 partez !

C’est plutôt, tendues, crispées, stressées que nous commençons la visite de Funchal… en téléphérique. Nous vous avons promis de la découverte, de la visite et notre sens du service rendu nous pousse à nous dépasser pour mieux vous servir.

A première vue, Funchal ressemble à un amas de maisons de tuiles oranges, d’hôtels gigantesques et autres bâtiments agglutinés les uns aux autres. Il faut savoir prendre de la hauteur pour apprécier les différents quartiers de Funchal mais aussi pour y trouver un peu d’air frais. Ce n’est pas pour remuer le couteau dans la plaie mais ici, on frise les 40 degrés !

Après 15 minutes suspendues dans les airs jusqu’à 550 mètres (crispées on a dit), nous retrouvons enfin la terre ferme dans le quartier de Monte. Ancien haut lieu touristique thérapeutique, ce quartier aujourd’hui invite à la flânerie dans différents jardins.

Le jardin tropical, nous promet la découverte d’un patrimoine composé de 10 000 espèces de plantes des 5 continents dont la flore indigène de Madère, le tout dans une mise en scène très japonisante. La liste va donc être longue, j’espère que vous avez du temps devant vous : vieux oliviers, pittosporum, cedro, til, vinhatico, cycadales, hotensia… vous en avez déjà marre ? Bon… ça vaut la peine de presque mourir en téléphérique, mais je vous comprends, il faut laisser parler les images !

Le retour se fera de façon beaucoup plus terre à terre, voire carrément au ras du sol… Nous sommes droguées aux sensations fortes et un petit tour en palanquin n’est pas pour nous déplaire. Ces « voitures paniers » conduites par des Carreiros tout droit sortis d’une pub pour Dolce&Gabanna, nous rappellent un peu les caisses à savons mais nous leur faisons confiance. En voiture Simone !

3, 2, 1, mise à feu

Nantes : 3 heures du matin… Réveil difficile, très difficile ! Le temps d’avaler un café, de se brosser les dents (à cette heure-là tout est possible) et hop en route. Les valises sont restées dans la voiture, c’est pas le moment de les perdre. Un grand merci à nos hôtes (absents) pour leur accueil haut de gamme, une petite surprise les attend…

4 heures, l’aéroport est en vue, ça commence déjà à sentir les vacances.

4h10 : billet en main, nous passons le contrôle des bagages. Comment ça on ne peut pas prendre une petite bouteille d’eau ! Et ben qu’à cela ne tienne, je vais la boire ici maintenant sous vos yeux ébahis. L’eau c’est la vie et là j’ai sérieusement besoin d’un booster.

4h30 : il pleut sur Nantes… C’est clair, il est grand temps de décoller.

6h00 :  on décolle ! Attachez vos ceintures et laissez-vous bercer dans les airs. En cas de petite fraicheur pensez à vous munir de votre sac de couchage « Liberation ».

8h30 heure locale : Funchal capital de Madere. La température extérieure est de 27°C. Quoi ?! Si chaud, si tôt ?! Bon ben ok, on est pas contre, après tout on est là pour ça.

10h00 :Ultra motivées mais n’ayant surtout pas le choix (on attend nos chambres) nous arpentons les rues entourant notre hôtel. Au vu des paysages, de la chaleur, et des différents petits bistro/gargottes, c’est sur on va se plaire ici.

14h00 : Piscine

15h00 : Sieste à la piscine

16h00 :visite de la bananeraie de l’hotel, personne n’est motivé pour grimper tout en haut ?

18h00 : Jaccuzzy

19h00 : Euh, on bouge un peu ou pas les filles ?

20h00 : Dégustation de produits locaux dans un endroit communément appelé « restaurant ».

22h00 : Shopping ! Non mais c’est le paradis ou quoi cette ile ??? Des friiiinnnggguuuesss !

23h30 : Essayage de la literie. On est cla-quées !

Promis demain on attaque vraiment les visites… Promis !

Here we go again!

Voilà déjà trois mois que nous avons laissé Deportivan bien au chaud en NZ et posé les valises en terre bigoudène. Trois mois, c’est peu et beaucoup à la fois… L’accueil et la joie de vous retrouver « in real life » ont été très intenses, riches en discussions et émotions. Et la vie, la vraie, pas celle entre parenthèse du voyage, a repris son cours.

Mais le sac à dos, les chaussures de rando, le surf et l’appareil photos trépignent dans le placard et réclament à cors et à cris de prendre l’air. N’ayant aucune autorité sur eux, je cède à leur requête.

La nouvelle destination? Madere, archipel atlantique portugais et sa terre volcanique. Rando, culture, farniente sont programmés, pour le reste on improvisera.

L’équipage ? Mélanie, concarnoise vitaminée exilée à Bordeaux prête à gravir tous les sommets de l’ile, mais aussi Marine, intrépide bigoudène experte en programmations culturelles. Autant dire que je suis bien entourée et que le voyage s’annonce haut en couleurs.

Vous nous suivez?

That’s all folks

« Le Mans, 5 minutes d’arrêt. Nous vous rappelons qu’il est strictement interdit de fumer dans le train, toute infraction constatée donnera lieu à des poursuites. Le wagon-bar est à votre disposition voiture 9. Les personnes n’ayant pas composté leur billet, doivent se présenter immédiatement à un contrôleur. ». Il est 20h58 et nous entamons notre 49ème heure de trajet depuis notre départ d’Auckland. Nous sommes plongés dans le silence, indifférents à  l’agitation du train et de ses occupants. Les immenses champs de colza défilent sous nos yeux fatigués tandis que nous repassons en boucle les images de notre aventure :

  • 15 000 km parcourus
  • 60 sessions de surf (dont une avec Laird Hamilton !)
  • 234 cafés préparés
  • 1467 baguettes de pains vendues
  • 1094 crêpes réalisées (dont 760 au sarrasin)
  • 6 arrestations (5 pour « compter » dans le ballon et une pour nous signifier que l’on roulait trop … lentement)
  • 62 apéros partagés
  • 132 parties de Uno (mais une ne compte pas, Gilles a triché)
  • 1 match de Cricket et 1 match de Hockey sur gazon
  • 3 trecks de grandes randonnées
  • 30 piqûres de sandflies sur chaque jambe
  • Record de vitesse pour Déportivan avec une pointe à 108 km/h (record non homologué car le vent était favorable à 10m/s)
  • 1 ceviche de dorades
  • 1 rencontre avec 5 requins
  • 1 nouvelle jupe, 1 manteau, des chaussures …
  • 15 jours en tente
  • 28 cascades
  • Le plus long toboggan de NZ
  • Des vieilles voitures (trop pour pouvoir les compter)
  • Des phoques, des pingouins, des lions de mers
  • Beaucoup de vaches
  • Beaucoup, vraiment beaucoup de moutons
  • 88 écoutes intégrales de l’album de Métronomy
  • 54 écoutes de la 3, 9,10 et 13 de l’album de Nova
  • Des forêts de géants verts
  • D’innombrables fous rires
  • Un émerveillement sans fin

Nous ne sommes pas partis en vacances, nous sommes partis en voyage. Les yeux grand-ouverts, le cœur à l’écoute et l’esprit à la découverte. Le voyage a cela de fascinant qu’il vous façonne à son envie, vos plans de départ ne deviennent plus que des croquis qui s’effacent, une autre route se dessinant à chaque nouveau pas. Nous nous sommes laissé guider par la Nouvelle-Zélande, par son art de vivre et par nos rencontres. Et elles furent intenses ces rencontres ! Atypiques parfois aussi, la vie en itinérant vous amène à rencontrer des gens vers qui vous ne vous seriez peut-être pas tournés en France.

Les plus belles images restent celles partagées avec les amis : Sarah, Delphine, Gilles, Servan, Mike, José, Maria, Romain, Sophie, Antonin, Irène, Johan, Dominique, Gérarrrd (avec l’accent Québécois), Paul, Viviane, Fabrice, Clémence, Joaquim, Jennifer, Guillaume, Lasky, Adrien, Maxime, Manon, Andrew et enfin Fab et Djulia…

Farever, ne peut pas s’arrêter là, le voyage n’est pas fini, la boite d’images va régulièrement s’ouvrir et d’autres aventures arrivent… Tout ne fait que commencer…

PS : Nous ne pouvions achever ce voyage sans une petite écoute de Déportivo, qui vous l’aurez compris, nous a inspiré pour baptiser notre fourgon.

deportivo – Clip de _Au saut du lit_

Déportivo – 1000 moi-même-1